Et si choisir le mode de transport le plus responsable ne signifiait pas forcément choisir le plus lent ?
Un voyage en train entre Montréal, Ottawa et Québec m’a amenée à remettre en question l’une des idées les plus répandues autour du voyage responsable : celle selon laquelle réduire son impact environnemental implique nécessairement de renoncer au confort, à la praticité ou au temps.
Depuis Montréal, Ottawa et Québec sont facilement accessibles en train, grâce aux liaisons directes de VIA Rail. Et la comparaison avec la voiture est plus nuancée qu’il n’y paraît. Entre Montréal et Ottawa, le trajet en train dure environ deux heures, avec une durée moyenne de 2 h 04 annoncée par VIA Rail.
En voiture, il faut compter environ 2 h 10, hors circulation. La question n’est donc pas simplement de savoir pourquoi prendre le train s’il est plus lent puisque, parfois, il ne l’est pas !
Montréal : le voyage en train commence en gare
À la gare Centrale de Montréal, l’expérience commence avant même le départ. Puis, progressivement, la ville disparaît derrière la fenêtre.
Il y a quelque chose de particulièrement agréable à regarder le paysage évoluer à hauteur de sol. Les banlieues laissent place à de petites communautés, puis à des espaces plus ouverts. La distance entre les villes devient alors une partie du voyage plutôt qu’un espace à traverser le plus rapidement possible.
À bord, le temps prend une autre dimension. On peut lire, travailler, prendre un café ou simplement regarder défiler le paysage. On voyage, mais on n’a pas la responsabilité d’arriver à destination en conduisant.
Cette distinction devient particulièrement intéressante lorsqu’on s’interroge sur ce que signifie réellement la notion de « praticité ».
Montréal–Ottawa : du temps sans les embouteillages
Ottawa est sans doute l’exemple le plus évident de la place que le train peut occuper dans une réflexion sur le voyage responsable. Le trajet est comparable à celui effectué en voiture en termes de durée, tout en évitant d’avoir à se concentrer sur la circulation ou à chercher une place de stationnement une fois arrivé.
Depuis la gare, on peut facilement découvrir la ville à pied ou en transports en commun. Les bâtiments néogothiques du Parlement, les musées, le ByWard Market et le canal Rideau offrent de nombreuses possibilités pour une escapade urbaine sans voiture.
Le voyage en train crée aussi une transition bienvenue. Plutôt que de passer le trajet derrière un volant, on arrive après avoir eu le temps de lire, de regarder par la fenêtre ou simplement de déconnecter. Ici, le choix durable ne ressemble pas à un compromis. Il semble simplement pratique.
Montréal–Québec : rendre la distance visible
Le trajet vers Québec est plus long : VIA Rail annonce une durée moyenne de 3 h 26, avec des trains qui prennent généralement un peu plus de trois heures et demie. En voiture, le trajet peut être plus rapide, du moins dans des conditions idéales.
Mais la comparaison devient moins évidente lorsque l’on prend en compte la circulation, le stationnement et les réalités liées à l’entrée et à la sortie d’une grande ville. Surtout, le voyage en train offre quelque chose que la voiture ne permet pas de la même manière : la possibilité de découvrir le paysage sans avoir à se concentrer sur la route.
À mesure que Montréal disparaît, les villes, les champs et les espaces ouverts apparaissent progressivement. Le trajet devient une introduction tranquille à la géographie du Québec avant même d’arriver dans sa capitale historique.
Et Québec se prête particulièrement bien à un voyage sans voiture. À l’intérieur des fortifications du Vieux-Québec, la meilleure façon d’explorer la ville reste souvent de marcher. Façades en pierre, rues étroites, points de vue sur le Saint-Laurent et petits cafés se découvrent à hauteur de rue. L’absence de voiture ne se fait pas sentir.
Repenser ce que l’on gagne
Le voyage responsable est souvent présenté sous l’angle du sacrifice : moins de vitesse, moins de confort, moins de flexibilité. Mais ces trajets racontent une autre histoire.
Le voyage en train n’est pas nécessairement l’option la plus lente. Sur Montréal–Ottawa, il peut être particulièrement compétitif face à la voiture. Sur Montréal–Québec, la différence de temps doit être mise en perspective avec la circulation, le stationnement et la liberté de ne pas avoir à conduire.
Ce que l’on gagne, ce n’est donc pas seulement une manière plus responsable de se déplacer entre deux villes. C’est aussi du temps qui nous appartient, une place près de la fenêtre, un paysage qui change, quelques heures pour lire, réfléchir ou simplement ne rien faire.
Et si voyager de manière plus responsable ne signifiait finalement pas renoncer au confort, mais simplement redéfinir ce que l’on entend par confort ?











Suivez-nous sur Instagram